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Samir Nasri : « Si on m'appelle pour entraîner l'Algérie, j'y vais en courant »
lundi 18 mai 2026 à 14:24
Dans un entretien accordé au podcast Kmel Official, l'ancien international français d'origine algérienne s'est longuement confié sur son lien avec les Verts, le débat des binationaux et ce qu'il dirait aujourd'hui aux jeunes talents hésitant entre France et Algérie.
Samir Nasri n'a jamais porté le maillot vert. Mais il n'a jamais non plus caché ses liens profonds avec l'Algérie. Dans un entretien fleuve accordé au podcast Kmel Official, l'ancien milieu de terrain de l'OM et de Manchester City s'est livré avec une rare sincérité sur un sujet qui divise depuis des décennies : le choix des binationaux.
« L'image de l'Algérie n'était pas la même »
Nasri commence par contextualiser sa décision de 2004. « Quand j'ai commencé ma carrière, l'image de l'équipe nationale algérienne n'était pas la même qu'aujourd'hui. » Il raconte avoir interrogé son ancien coéquipier Ibrahim Hamdani sur les raisons de son refus des Verts, qui lui avait répondu sans détour : « La situation au sein de l'équipe nationale était chaotique. »
Un contexte qui, selon lui, explique les choix de toute une génération de binationaux. Ce n'était pas un rejet de l'Algérie — c'était une réalité sportive et institutionnelle difficile à ignorer.
Le tournant Halilhodzic
Nasri reconnaît volontiers que les choses ont changé. Une évolution qu'il salue, et qui a rendu la sélection algérienne bien plus attractive aux yeux des talents de la diaspora.
« Après la période de Vahid Halilhodzic, l'Algérie a acquis une image forte. Là, les joueurs pouvaient vraiment réfléchir avant de faire leur choix. »
Il va plus loin sur son propre rapport à l'Algérie : « Une fois que tu connais ton pays et que tu vois tes racines, ton rapport change. Demain, si tu viens me demander un conseil, je dirai aux joueurs de se servir de notre exemple. On n'a peut-être pas été appréciés à notre juste valeur ici en France… peut-être qu'en Algérie, on te respectera davantage. »
Cherki, Akliouche : « Je me poserais la question »
L'une des déclarations les plus marquantes de cet entretien concerne deux des plus grands talents de la nouvelle génération française d'origine algérienne. Sur Rayan Cherki et Maghnès Akliouche, tous deux engagés avec l'équipe de France pour le Mondial 2026, Nasri lâche : « Si j'étais à leur place aujourd'hui, je me poserais la question : France ou Algérie. »
Un aveu fort, de la part d'un homme qui a lui-même fait ce choix à leur âge — et qui, avec le recul, mesure ce que ce choix a pu coûter en termes de reconnaissance personnelle.
Le cas Benzema, symbole d'une injustice
Nasri cite également Karim Benzema comme exemple des pressions et des complications que peuvent vivre les joueurs d'origine africaine au sein de l'équipe de France. Le vainqueur du Ballon d'Or 2022 mis à l'écart pendant des années, puis rappelé, puis écarté à nouveau — une trajectoire que Nasri utilise pour illustrer les contradictions du système français vis-à-vis de ses joueurs d'origine africaine.
« Aujourd'hui, les joueurs venant d'Afrique sont davantage reconnus, alors que ce n'était pas le cas par le passé. » Un constat amer, mais lucide.
Entraîneur des Verts ? « J'y vais en courant »
La dernière déclaration est peut-être la plus inattendue. Interrogé sur un éventuel rôle futur avec l'Algérie, Nasri ne cherche pas à se défiler : « Si on m'appelle pour entraîner l'Algérie, j'y vais en courant. » Des mots qui disent tout sur l'évolution de son rapport avec un pays qu'il n'a jamais représenté sur un terrain, mais qui bat clairement dans son cœur.



