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Comment battre la Jordanie : le guide tactique des Verts

lundi 22 juin 2026 à 19:00

Comment battre la Jordanie : le guide tactique des Verts
Battus 3-1 par l'Autriche lors du premier match, les Jordaniens ont néanmoins montré de vraies qualités. Mais leurs failles sont identifiées. À Petkovic de les exploiter — et à Maza et Hadj Moussa d'en être les outils.

Il faut être honnête : la Jordanie n'est pas venue au Mondial 2026 en touriste. Lors de leur premier match face à l'Autriche, les coéquipiers de Musa Al-Taamari ont accroché les Autrichiens pendant 45 minutes, provoquant plusieurs situations dangereuses et égalisant à 1-1 en début de seconde période. Ils ont de l'énergie, de la combativité, un bloc organisé. Mais ils ont aussi des failles — des failles structurelles que les Verts ont tout intérêt à cibler dès le coup d'envoi ce mardi à San Francisco.

Le système jordanien : compact mais fragile

Le sélectionneur marocain Jamal Sellami a construit son équipe autour d'un bloc 3-4-3 sans ballon, qui se transforme en 5-4-1 défensif pour resserrer les espaces et attendre les opportunités de contre-attaque. Un système cohérent sur le papier, qui demande néanmoins une discipline collective parfaite pour fonctionner. Et c'est précisément là que le bât blesse.

Face à l'Autriche, dès que la Jordanie a été forcée de sortir de son bloc défensif pour revenir au score puis pour égaliser, les espaces dans le dos de la défense ont immédiatement explosé. Arnautovic a inscrit son but à la 90e+10 sur une faute de main provoquée par un centre — la preuve que quand les Jordaniens se retrouvent exposés en transition défensive, c'est la panique. C'est exactement le scénario que Petkovic doit chercher à reproduire.

La première faille : les couloirs, le talon d'Achille jordanien

Le système à trois défenseurs centraux de Sellami libère théoriquement les couloirs grâce aux pistons — mais cette liberté a un revers. Quand ces pistons montent et ne reviennent pas assez vite, les espaces dans le dos sont béants. Face à l'Autriche, Romano Schmid et Konrad Laimer ont régulièrement trouvé ces zones de vérité par des passes verticales dans le dos des pistons jordaniens.

C'est là qu'Anis Hadj Moussa peut faire des ravages. Son profil — ailier capable d'éliminer sur la droite et de centrer avec précision, mais aussi de rentrer dans l'axe — est exactement ce qu'il faut pour punir une défense à trois qui peine à couvrir les espaces latéraux. S'il trouve le bon timing dans ses appels et que les milieux algériens le servent rapidement en transition, les pistons jordaniens seront constamment en difficulté.

La deuxième faille : les corners et coups de pied arrêtés

C'est peut-être la vulnérabilité la plus évidente de la Jordanie. Sur corner, la défense jordanienne a montré de vraies failles dans son marquage. Yazan Al-Arab a même inscrit un but contre son camp à la 77e minute suite à un corner de Sabitzer — une tête qui a dévié dans son propre but. La désorganisation dans la surface sur les ballons aériens est palpable.

Pour l'Algérie, cela représente une opportunité immense. Aïssa Mandi, capitaine et l'un des meilleurs défenseurs de Ligue 1 la saison dernière, monte régulièrement dans les airs. Bensebaïni, s'il joue, est également dangereux sur les coups de pied arrêtés. Ce secteur de jeu, négligé lors du match contre l'Argentine, doit être une priorité offensive face à la Jordanie.

La troisième faille : l'absence d'Al-Naimat change tout offensivement

Yazan Al-Naimat, meilleur buteur jordanien des éliminatoires avec 8 buts, s'est rompu les ligaments du genou lors des quarts de finale de la Coupe arabe en décembre 2025. Le sélectionneur lui-même a reconnu qu'il est "irremplaçable". Sans lui, le potentiel offensif jordanien se résume quasi exclusivement à Musa Al-Taamari, dont les coéquipiers manquent de la qualité nécessaire pour le servir dans des zones dangereuses de manière régulière.

En d'autres termes : si les Verts muselent Al-Taamari — et c'est la mission principale de Belaïd ou d'Aït-Nouri selon le côté où il évolue — la Jordanie n'a plus grand-chose offensivement.

Le rôle clé de Maza : la clé de voûte du jeu algérien

Face à un bloc compact et défensif comme celui de la Jordanie, il faut des joueurs capables de trouver des espaces entre les lignes, de casser la structure adverse par des dribbles ou des passes verticales tranchantes. Ibrahim Maza est le profil idéal pour ça.

Son intelligence positionnelle — sa capacité à se glisser entre le milieu et la défense jordaniens pour recevoir dans des zones de vérité — combinée à son explosivité et son goût pour le un-contre-un devrait créer énormément de problèmes au 5-4-1 jordanien. Sa saison à Leverkusen l'a prouvé : il est l'un des meilleurs joueurs du monde dans l'exercice des "actions progressives", ces actions qui cassent des lignes et font avancer le ballon vers le but adverse. Troisième mondial derrière Yamal et Vinicius dans cette catégorie cette saison — rappelons-le.

Mais pour que Maza exprime tout son potentiel, il faut que les milieux algériens lui proposent des solutions rapidement après récupération, sans temporiser. Le bloc jordanien se replace vite — c'est dans les premières secondes après la transition que les espaces existent.

La clé du match : la vitesse de transition

C'est le mot d'ordre tactique central de ce match. La Jordanie joue pour contre-attaquer — ce qui signifie qu'elle cède volontairement le ballon et attend. L'Algérie doit donc éviter deux pièges : jouer trop lentement (ce qui laisse la Jordanie se replacer et se fermer), ou être trop prévisible (ce qui facilite les interceptions et relances rapides).

La solution est dans la vitesse d'exécution et la verticalité. Récupérer vite, transitionner vite, servir Maza ou Hadj Moussa avant que le bloc ne soit en place. La Jordanie a encaissé 13 buts sur ses cinq derniers matchs, principalement sur des séquences où son bloc n'avait pas eu le temps de se replacer. L'Algérie doit jouer à ce rythme-là.

Attention au piège...

La Jordanie n'est pas imbattable — loin de là. Ses lacunes défensives sur les couloirs, sur les coups de pied arrêtés et en transition sont réelles et identifiables. L'absence d'Al-Naimat la prive de son principal danger offensif.

Mais attention au piège de la désinvolture. Les Jordaniens sont là pour leur première Coupe du monde, ils jouent libérés, ils ont de l'énergie et un vrai plan de jeu. Al-Taamari est un joueur de Ligue 1 capable d'un geste décisif sur un coup d'éclat. Et l'Algérie, traumatisée par la gifle 3-0 de l'Argentine, devra gérer la pression psychologique d'un match qu'elle ne peut pas perdre.

Si les Verts jouent vite, vertically, avec Maza et Hadj Moussa en pointe de lance — et si Mandi et ses défenseurs gèrent sérieusement Al-Taamari — la victoire est à portée. C'est maintenant ou jamais.

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