Selection
Oukidja rêve du Mondial : « Si je suis sélectionné, c'est un miracle »
mardi 5 mai 2026 à 21:00
Sans club depuis sa rupture des ligaments croisés, le gardien de 35 ans se reconstruit dans l'ombre et garde les yeux fixés sur le Mondial 2026. Dans un entretien accordé à So Foot, il se livre avec une rare sincérité.
Il fallait oser le dire. Alexandre Oukidja a livré le fond de sa pensée sans détour dans les colonnes de So Foot : « Si je suis sélectionné, c'est un miracle, si je ne le suis pas, ce n'est pas un scandale. » La formule est belle — et elle résume assez bien la situation.
Sans club depuis sa rupture des ligaments croisés en début de saison, Oukidja a fait le choix de ne pas se précipiter : « Actuellement je suis sans club car j'ai vraiment voulu être tranquille pour ma rééducation. » Le FC Metz lui offre ses installations jusqu'en juin pour poursuivre sa préparation dans de bonnes conditions.
Il a parlé à Petkovic
Ce que peu de gens savaient : Oukidja a maintenu le contact avec le staff algérien. « En début d'année, j'ai discuté avec le sélectionneur, pour lui dire que je me préparais au cas où. Pour apporter un peu plus d'expérience, puisqu'avec Riyad Mahrez et Aïssa Mandi, je fais partie des plus anciens. Pourquoi pas aussi accompagner les jeunes gardiens, parce qu'en sélection, on cherche encore le successeur de Raïs M'Bolhi, ce qui est compliqué. »
Une démarche proactive, mais mesurée. Quand les blessures de Zidane, Mandrea et Mastil se sont enchaînées, son agent lui a conseillé d'appeler la sélection pour se signaler. Il ne l'a pas encore fait. « Ce serait peut-être mal vu. J'ai peur que ce soit perçu comme un manque de respect envers les gardiens qui ont joué toute la saison. »
« Je suis persuadé d'avoir ma place »
Sur le fond, Oukidja ne manque pas de conviction. « Ce n'est que mon avis, mais je suis persuadé d'avoir ma place en sélection. C'est peut-être un sentiment égoïste, mais je le dis parce que depuis janvier, je bosse constamment. Tous les jours, sauf le dimanche. Sur les terrains et en salle de muscu pour me préparer en vue de la Coupe du monde. »
Ce qu'il demande n'est pas grand-chose, selon lui : « Ce que j'aimerais, c'est être dans la liste élargie du sélectionneur, s'il en fait une. Qu'il m'observe dans le groupe pendant une semaine, et qu'il fasse son choix. »
La réalité du terrain
Soyons honnêtes : le scénario reste quasi impossible. La liste tombe dans les prochains jours. Oukidja n'a pas joué depuis des mois, est sans club, et la concurrence dans les buts — même dans une sélection en pleine crise — reste rude. Mandrea opéré, Mastil en convalescence : les places sont rares, et Zidane devrait être là avec son casque de protection. D'autres gardiens plus performants et en meilleure forme peuvent mieux prétendre à une place pour ce prestigieux championnat.
Sans cette cascade de blessures, on n'aurait jamais entendu parler d'un retour d'Oukidja. Le timing est un peu trop parfait pour être innocent. Lui-même l'admet à demi-mot en évoquant Mandrea qui l'a appelé pour lui annoncer son opération — comme si le malheur des uns ouvrait une fenêtre que la compétition sportive ne lui aurait probablement pas offerte. Petkovic, lui, ne connaît que le terrain. Et sur ce critère-là, la réponse est simple.



